Sport17.fr > Actualités nautisme > Aymeric Chappelier : « Hâte de partir»
 
 

Transat Charente-Maritime/Bahia

Aymeric Chappelier : « Hâte de partir»

0 commentaire
 

Samedi 24 Septembre 2011

Aymeric Chappelier : « Hâte de partir»
 
Aymeric Chappelier : « Hâte de partir»

Aymeric Chappellier s'apprête à prendre le départ sa première transat Charente-Maritime/Bahia. Ce Rochelais pur souche nous livre ses sentiments avant de partir en mer pour près d'un mois. Le skipper de « La Tortue » évoque également avec émotion la disparition de son ami Jean-Marc Allaire.

A la veille du départ comment te sens-tu ?
Hâte de partir. Il reste de 2-3 petites bricoles à faire et puis dire en revoir à la famille aux amis. Ça fait déjà une semaine qu'on est enfermés dans le bassin, j'ai envie d'aller dégourdir les pattes de ma tortue (la coque de son 6.50 représente une tortue, NDLR).

Dans un projet comme celui-ci, quelle est l'étape la plus compliquée ?
Ce sont des projets qui sont lourd financièrement, lourd humainement donc il y a beaucoup de choses qui son,t difficiles à porter mais c'est dans ces moments-là qu'on rencontre les vrais amis, les vrais potes. C'est un projet pour finir avec une course en solitaire mais c'est vraiment un travail d'équipe en amont pour arriver dimanche à la ligne de départ.

Comment se prépare-t-on pour un tel défi ?
On a plusieurs points de formation déjà la partie technique parce que c'est un sport mécanique. Il faut essayer de travailler sur le moteur du bateau, les voiles... C'est aussi un jeu d'échec donc on travail l'aspect stratégie. Il y aussi également la gestion du bonhomme avec la gestion du sommeil, j'ai vu un nutritionniste et un sophrologue pour arriver à être tranquille et arriver à bien se connaître dans ces moments-là.

Comment gère-t-on le fait d'être seul au monde pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines ?
Aussi longtemps je ne l'ai jamais fait encore. J'ai déjà passé 6 jours seul en mer. Au début tu appréhendes quand même comment tu vas gérer les moments de doute, de fatigue et puis les journées s'organisent assez rapidement, il y a une routine qui se met en place donc les jours passent assez vite. On n'a pas trop le temps de s'ennuyer.

Est-ce que tu as une astuces pour retrouver le moral dans les moments difficiles ?
Ma famille et mes amis viennent de me taguer l'intérieur du bateau avec des petits messages sympas et 2-3 petites surprises qui sont cachées dans le but et peuvent remonter le moral au cas où. Donc il y a ces petites pensées et puis surtout il faut se dire qu'on fait quelque chose de fantastique même si il y aura des coups durs et de toute façon je ne serais pas tout seul parce que j'aurais toujours une pensée pour un bon copain qui nous a quitté il y a maintenant 10 jours. Il ne va pas prendre le départ avec son bateau mais il aura sa place à bord avec moi.

Après le décès de Jean-Marc Allaire, ce n'est pas trop compliqué de se remettre dans la course ?
Si ça fait mal au cœur, c'était un bon pote avec qui je m'entrainais souvent après c'est la mer il y a des risques on les connait. On espère juste que ça n'arrive pas à des potes, c'est malheureux mais ce n'est pas le premier et ce ne sera pas le dernier. Ça fait toujours très mal parce que c'était quelqu'un de fantastique et de généreux. Donc oui ça fait une bonne piqure de rappel et on se dit qu'il ne faut pas faire les malins.

Revenons sur la course, quels sont tes objectifs ?
L'objectif est clair, c'est de figurer dans la tête de liste. Il y a à peu près 12 bateaux qui peuvent gagner, être dans les 6-7 serait pas mal mais bon je vais tout donner pour terminer premier.

Tu es un pur rochelais, le fait que la transat parte de La Rochelle devant tes proches est-ce une fierté ?
C'est sûr ça donne encore plus envie de bien faire. Ça ne met pas la pression mais partir de sa ville natale c'est quand même un bonheur que je savoure beaucoup.

Un petit mot sur ton bateau « La Tortue » ?
C'est un bateau protégé par une tortue et sur lequel est écrit « la mer n'est pas une poubelle ». C'est une rencontre avec la famille Coutant de l'aquarium de La Rochelle qui par mon bateau fait passer un message de protection. C'est un super support pour essayer de toucher différemment les skippers. Il y aussi les « observateurs de l'Atlantique » qui est une campagne d'observation pour inciter les gens qui sont en mer (régatiers, plaisanciers...) à informer de leurs observations sur les mammifères marins, tortues, requins... Donc c'est pour communiquer, remettre un peu l'accent sur les observations de la mer et sensibiliser aussi les coureurs à la pollution.

 

Copyright photo/Christophe Breschi

 

 

 

 

 

nautisme - La Rochelle - Aymeric Chappelier : « Hâte de partir»

Antoine ROBERT
 
Ajouter un commentaire